Confiance en soi et empathie
- Distinguer l'estime de soi et la confiance en soi
- Comprendre la confiance en soi comme évaluation réaliste
- Définir l'empathie au-delà de la sympathie
- Pratiquer l'empathie sans perdre de vue vos propres limites
Vous avez de l'estime de vous (sentiment durable), mais vous manquez de confiance en soi face à une présentation (évaluation ponctuelle : « Peux-je faire cela maintenant ? »). L'empathie, ce n'est pas devenir l'autre ; c'est le comprendre tout en restant vous-même. Une bonne dose des deux = une présence puissante et authentique.
Confiance en soi : une évaluation réaliste
Jean Garnot définit la confiance en soi comme « une évaluation réaliste et ponctuelle qu'on a les ressources nécessaires pour affronter une situation particulière ». C'est différent de l'estime de soi. L'estime de soi est un sentiment durable : « Je suis quelqu'un de valeur ». La confiance en soi est ponctuelle : « Je peux faire cela spécifiquement ». Vous pouvez avoir une bonne estime de vous mais manquer de confiance en soi face à une présentation en public. Ou au contraire, être confiant dans votre domaine d'expertise mais avoir une estime de soi fragile. La maîtrise de soi, avant tout, est une confiance en soi qui a la capacité à passer outre le regard des autres.
L'empathie : se mettre à la place de l'autre
Carl Rogers, fondateur de la psychologie humaniste, disait : « J'écoute de manière aussi attentive, exacte et sensible que possible chaque individu qui s'exprime. » L'empathie, c'est se mettre à la place de l'autre avec un changement de point de vue, de référentiels spatiaux. C'est utiliser son double mental : imaginer ce que l'autre ressent. Mais attention : l'empathie N'EST PAS la sympathie (« Je ressens pareil que vous »). L'empathie, c'est une tentative de se mettre à la place de l'autre TOUT EN RESTANT SOI-MÊME, sans forcément éprouver les mêmes émotions. C'est un acte de conscience, de décision : choisir momentanément de renoncer à votre perception pour demeurer attentif et réceptif à celle de l'autre.
Comment cultiver l'empathie sans perte de soi
L'empathie exige une décision consciente :
- De renoncer momentanément à votre perception des choses 2. Afin de demeurer attentif et réceptif à la perception de l'autre 3. De vous concentrer sur autrui Mais cela ne signifie pas absorption totale. Vous écoutez activement, vous reformulez pour vérifier votre compréhension, vous synchronisez votre langage et votre tonalité à celui de l'autre. Tout en restant conscient de vos propres limites et de votre intégrité. L'intelligence émotionnelle est avant tout être soi pour un autre : présent, authentique, mais centré sur l'autre. La reformulation, l'art du questionnement et la synchronisation à l'autre (tout en étant dans sa propre conscience) permettent d'être à l'écoute dans la pleine conscience.
- Un collaborateur vous reproche quelque chose. Plutôt que de vous défendre immédiatement, vous écoutez vraiment, vous reformulez sa préoccupation, vous explorez son besoin sous-jacent.
- Confiance en soi : avant une conversation difficile, vous vous demandez : « Ai-je les ressources pour cette conversation ? » Si oui, vous procédez avec assurance ; si non, vous vous préparez.
- Empathie en action : vous remarquez que quelqu'un se retire du groupe. Vous restez qui vous êtes, mais vous lui demandez doucement comment il va, sans jugement.
- Combinaison : vous avez assez de confiance en vous pour tenir vos limites, mais assez d'empathie pour comprendre ce que l'autre traverse
L'empathie N'EST PAS : acceptation de tout ce que dit l'autre, ni abandon de vos limites. N'EST PAS : responsabilité de sauver ou soigner l'autre. C'EST : une capacité à comprendre SANS nécessairement être d'accord.
« Une évaluation réaliste et ponctuelle qu'on a les ressources nécessaires pour affronter une situation particulière. C'est l'essence de la confiance en soi. »Jean Garnot
- Estime de soi (durable) vs Confiance en soi (ponctuelle, contextuelle)
- Confiance en soi = évaluation réaliste de vos ressources pour une situation
- Empathie ≠ Sympathie : comprendre sans être pareil
- Empathie = décision consciente de centrer votre attention sur l'autre
- IE = confiance en soi + empathie = présence puissante et authentique
| AUTEUR | OUVRAGE | CONCEPT CLÉ |
|---|---|---|
| Jean Garnot | Confiance en Soi et Affirmation Personnelle | Définition réaliste et contextuelle de la confiance |
| Carl Rogers | Les Groupes de Rencontre | Écoute inconditionnelle et empathie |
| Brené Brown | Dare to Lead | Vulnérabilité et confiance authentique |
| Harriet Lerner | Why Won't You Apologize ? | Empathie et responsabilité |
Ma confiance en soi situationnelle
Contexte
Vous allez identifier 5-10 situations professionnelles typiques et évaluer votre confiance en soi dans chacune, puis identifier les patterns.
Déroulé
- Listez 5-10 situations qui vous confrontent au travail (présentation, conflit, décision, créativité, etc.)
- Pour chacune, évaluez votre confiance en soi (1-10) : « Ai-je les ressources pour cela ? »
- Identifiez les situations à faible confiance : qu'est-ce qui manque ? (Compétences, clarté, permission ?)
- Pour la plus importante : qu'une ressource pourriez-vous développer rapidement ?
- Explorez : comment votre estime de soi globale affecte ces évaluations situationnelles ?
Livrable
Tableau : Situation | Confiance (1-10) | Ressource manquante | Action de renforcement
Questions de réflexion
- Y a-t-il des situations où vous perdez votre confiance sans raison ?
- Comment pourriez-vous développer plus de confiance réaliste ?
- Quelle est la première situation où vous aimeriez être plus confiant ?
- Voir la vidéo : V7 « Communication et langage non-verbal »
- Lire : Brown, B. (2018). Dare to Lead : Brave Work. Tough Conversations. Whole Hearts.
- Explorer : Branden, N. (1969). The Psychology of Self-Esteem. Bantam Books.
- 8
Vous maîtrisez cette leçon ?